Résidences curatoriales nomades (2016-2025)
Depuis 2016, la résidence curatoriale nomade mise en place par Arts en résidence – Réseau national, propose régulièrement à un·e curateur·rice ou critique d'art d'être accueilli·e dans plusieurs structures du réseau à l'occasion de différents séjours.
LE PROJET
Ce projet est à considérer comme une résidence de rencontres et de mise en relation avec de nombreux·ses acteur·rices des différents territoires, et dont chaque structure se fait l’intermédiaire facilitateur. Il s'agit de rencontrer et dialoguer avec la scène locale, dans la variété des contextes offerts par chacun des lieux.
Les objectifs
— Favoriser la rencontre et le dialogue entre artistes et curateur·rice/critique ;
— Créer une opportunité professionnelle de recherche, de développement de contacts et de découverte d’artistes à un·e jeune curateur·rice ;
— Participer à la visibilité des artistes des différents territoires et favoriser par rebond leur rayonnement et leur mobilité ;
— Offrir un cadre de travail nomade au·à la curateur·rice, dans une dynamique de circulation et de réseau propre à la réalité professionnelle de notre secteur ;
— Associer temporairement un·e professionnel·le extérieur·e aux activités des structures selon des modalités propres à chacune.
2025 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE de Julián León Camargo
Pour la septième édition en 2025, la résidence curatoriale nomade a fait l'objet d'une collaboration avec Red Quincho, le réseau des résidences en Argentine. Cette collaboration a pour objectif de partager nos pratiques de structuration de réseau et renforcer l'interconnaissance de nos organisations, permettre l'échange de pratiques et le partage d'expériences entre nos membres, soutenir les échanges artistiques entre la France et l'Argentine. L'appel à candidatures était réservé à la scène curatoriale argentine. C'est le curateur Julián León Camargo qui a été accueilli pour quatre séjours de découverte à la scène artistique française entre septembre et novembre 2025 dans quatre structures membres du réseau : la malterie arts visuels (Lille), la Métive (Moutier d'Ahun), Artistes en résidence (Clermont-Ferrand) et thankyouforcoming (Nice).
D'origine colombienne et installé à Buenos Aires en Argentine, où il est le cofondateur de Residencia Coordenadas, Julián León Camargo porte un regard façonné par la migration et le déplacement, non seulement comme éléments de son histoire personnelle, mais aussi en tant qu'outils épistémologiques. Il explore les questions de mobilité (des corps, des images, des idées) comme génératrices de nouvelles formes d'appartenance et de reconfiguration des récits culturels dominants. Il est particulièrement attiré par les œuvres et les discours qui remettent en question les frontières institutionnelles, les identités figées et envisagent l'ambiguïté comme une ressource.
En 2026, plusieurs membres de Red Quincho accueilleront la résidence curatoriale nomade destinée à un·e curateur·rice français·e, offrant chacun le cadre de nombreuses rencontres sur différents territoires en Argentine. Chaque structure facilitera la mise en relation du·de la lauréa·te avec la scène locale (artistes et autres professionnel·les) et sa compréhension du paysage des résidences en Argentine.
2023 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE de Carola Uehlken
En 2023, ce sont le Centre d'arts Fernand Léger (Port-de-Bouc), Artistes en résidence (Clermont-Fd), Le Port des Créateurs (Toulon) qui ont accueilli la commissaire Carola Uehlken.
Carola Uehlken est une curatrice transdisciplinaire et une artiste-chercheuse basée à Berlin. Elle conseille des collections d'art internationales, organise des festivals d'art, des ateliers et des expositions et soutient des projets indépendants à la frontière entre l'art, la science et la société. Dans son travail, la salle d'audience, les systèmes de gouvernement et l'appareil administratif sont les terrains d’une réflexion sur leur esthétique performative, leur langue et leurs effets souvent amers sur les groupes marginalisés, les espèces autres qu'humaines et les infrastructures géopolitiques. Ses projets collaboratifs récents incluent Sensing Landmarks (2020-2023) et Governing Bodies (2018-en cours).
2022 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE de Ninon Duhamel
En 2022, ce sont le Centre d'arts Fernand Léger (Port-de-Bouc), Maison Salvan (Toulouse-Labège), Memento (Auch), thankyouforcoming (Côte d'Azur), qui ont accueilli le projet de la curatrice et critique Ninon Duhamel.
Basée entre Paris et Lille, Ninon Duhamel est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Tout en travaillant depuis plusieurs années pour diverses structures et lieux d’art en tant que chargée de projets artistiques et de programmations, elle développe une activité parallèle et personnelle de recherche et d’écriture centrée sur le langage dans les pratiques artistiques contemporaines. S’intéressant à la façon dont les artistes investissent des formes telles que l’oralité, l’écrit, la traduction, le chant, la narration… etc. ; elle déroule ce fil rouge dans ses projets comme dans ses textes, lui permettant d’aborder des problématiques sociales, culturelles, historiques, politiques. Après avoir organisé une exposition collective intitulée « À voix haute » en 2020 au Centre d’art de Houilles, elle a présenté son projet « Telling Stories » au Transpalette – centre d’art de Bourges en 2023, portant sur les notions de récit et de fiction, sur les frottement entre l’imaginaire et le réel au sein d’une narration.
Dans le cadre de sa résidence nomade – une première expérience pour elle –, Ninon Duhamel est allée à la rencontre d’artistes et de professionnel·les de l’art incrit·es sur les territoires de l’Occitanie et du Sud-Est de la France, des régions qu’elle connaît peu. Elle a combiné durant ces deux mois de résidence, des temps de découverte de ces scènes artistiques et de leurs écosystèmes, avec des moments dédiés au développement de sa recherche et d’un nouveau projet centré sur la correspondance, la lettre et la communication à distance.
2021 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE d'Amanda Abi Khalil
Dans la suite de la catastrophe ayant touché Beyrouth le 4 août 2020, et pour permettre à un·e professionnel·le de s'extraire momentanément d'un contexte de vie et de travail éprouvé par une crise aux multiples facettes, la résidence curatoriale nomade s'est inscrit en 2021 dans le cadre d’une collaboration avec l'Institut français du Liban et du programme NAFAS - 100 résidences d'artistes libanais en France. L'appel à candidature a été lancé en direction exclusive d'un·e commissaire résidant au Liban. La commissaire d’exposition libanaise Amanda Abi Khalil a été sélectionnée et accueillie de septembre à décembre 2021 par la Maison Salvan (Labège-Toulouse), le Centre d’arts Fernand Léger (Port-de-Bouc), Finis terrae - Centre d'art insulaire (Ouessant), et thankyouforcoming (Nice et Côte d'Azur)..
Amanda Abi Khalil mène une pratique de médiation de l’art contemporain à l’international à travers le commissariat d’expositions, des commandes publiques et des collaborations avec des artistes, institutions, fondations et foires. Elle s'intéresse particulièrement aux pratiques sociales de l’art et au questionnement du format d’exposition.
Cette résidence a contribué aux recherches qu’elle avait entamées depuis plusieurs années sur la question de l’hospitalité dans le monde de l’art, explorant la tension fructueuse entre les attentes de l'accueillant et de l'accueilli, ainsi que la position particulière du commissaire en résidence, à la fois “guest” et “host”, c’est-à-dire invité·e à devenir futur accueillant. Elle s'est déroulée en lien avec TAP (Temporary Art Platform), fondée par Amanda Abi Khalil en 2014 à Beyrouth. Cette plateforme curatoriale internationale, engagée dans les pratiques contextuelles, publiques et sociales dans l’art contemporain, développe des résidences d’artistes, de commandes publiques et des projets de recherche sur les pratiques dans les espaces publics et œuvre à la médiation entre arts, territoires et sociétés. togetherwetap.art
Billet
20 Octobre 2021. Dans un train reliant Marseille à Paris avant de rejoindre l’île de Ouessant. Il y a un peu plus d’un mois que je suis arrivée. Plus d’un mois que je peine à trouver les mots justes pour décrire ce que veut dire ‘’être en résidence nomade’’ lorsque nous: TAP, mon équipe et moi-même sommes en exil (encore une fois) forcés au nomadisme. Je me suis longtemps penchée sur les conditions de l’hospitalité, domestique mais surtout institutionnelle dans le champ de l’art. Il est question de rituels, de language et de traductions (parfois impossibles) entre le language de celui qui reçoit et sa capacité d’écoute d’une part et les conditions (psychologiques, matérielles et de réciprocité de celui qui est accueilli). Les mots sonnent comme des euphémismes pour décrire la complexité de ce moment, un jour commissaire invitée, un jour exilée cherchant des issues. A Labège, j’ai trouvé une maison, elle s’appelle Salvan, dans laquelle j’ai reçu des convives autour d’un repas froid, certains ont connu un choc d’explosion de Nitrate d’Ammonium, on a parlé d’échelle.
Décalage.
Impossibilité de traduire.
Vingt jours d’intenses rencontres et l’expérience d’un printemps en septembre, c’était la première escale.
Port-de-Bouc m’a rapprochée de toi. C’est la mer, elle était sous ma fenêtre. Ce cimetière de migrants noyés, ces vagues douces qui ont enregistré l’impact de l’explosion. Je savais que de l’autre côté, tu étais plongée dans le noir et que dans obscurité de tes rues, la famine se fait entendre. Je ne veux parler que de toi, je ne veux écrire que sur toi. Il se passe plus de choses quand on voit l’horizon.
Ce soir, mon corps est dans un train, en réalité je suis restée là-bas. Je ne peux envoyer d'essence, de viande ou de traitement pour le cancer pour mon oncle mourant, mais à l’issue de cette deuxième escale, la proposition de transformer TAP en lieu d’accueil en France en collaboration avec quelques institutions alliées et complices dans les valeurs et l’éthique du travail curatorial se matérialise.
Pour l’anniversaire de la révolution on a partagé un repas avec Catherine à Beaucaire.
6 semaines de résidence…
Nafas. Respirer en Arabe.
Questionner la violence que l’altérité produit n’est jamais bienvenu.
Amanda Abi Khalil - TAP (Temporary Art Platform)
Octobre 2021 - TGV INOUI 6180
Communiqué de presse du programme NAFAS
Les résidences « NAFAS » (de l’arabe نفس, «souffle») représentent une respiration pour les artistes libanais afin qu’ils puissent maintenir une activité de création dans le cadre d’échanges culturels avec la France. Ce programme vise à soutenir les artistes, créateurs et professionnels de la culture libanais pour des résidences sur l’ensemble du territoire français métropolitain, pendant une durée définie. Il a pour objectif de les accompagner dans le développement d’un projet de recherche et de création, dans tous les secteurs de la création contemporaine.

2020 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE de Gabrielle Camuset
En 2020, ce sont la Maison Salvan (Toulouse-Labège), Artistes en résidence (Clermont-Ferrand), voyons voir | art contemporain et territoire (Aix-en-Provence) qui ont soutenu et accueilli le projet de la résidence curatoriale nomade.
Cette édition s'est inscrite dans le cadre d’une collaboration avec Le Cube - Independent art room (Rabat, Maroc) et l'appel à candidature a été réservé à un·e commissaire issu·e du territoire marocain. La commissaire Gabrielle Camuset a été retenue pour cette édition. Elle a été accueillie lors de trois séjours d'un mois.
Dossier de presse- Édition 2020
2017 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE de Nicolas De Ribou
La deuxième édition de la résidence curatoriale nomade a eu lieu en 2017, avec la participation de la malterie arts visuels (Lille), la Kunsthalle (Mulhouse), Artistes en résidence (Clermont-Ferrand) et voyons voir (Aix-en-Provence). Elle a été lancée via un appel à candidatures, à l'issue duquel Nicolas de Ribou a été sélectionné. Au cours de deux séjours dans chacun des lieux, Nicolas de Ribou a pu rencontrer de nombreux·ses artistes et acteur·rices locaux, dans des contextes variés propres à chaque structure. Un blog a accompagné la résidence et en a constitué le fil rouge.
2016 / LA RÉSIDENCE CURATORIALE d'Isabelle Henrion
Pour la première édition de la résidence curatoriale nomade, La Kunsthalle (Mulhouse), Artistes en résidence, (Clermont-Ferrand), le BBB Centre d’art (Toulouse) et la malterie arts visuels (Lille) ont conçu ensemble une résidence expérimentale, proposée à un·e commissaire et/ou critique, en lui permettant de circuler entre les quatre lieux à l’occasion de différents séjours.
Le programme s’est déroulé entre juin et décembre 2016, en trois périodes d'un mois. Chaque période comprenait un séjour d'une semaine dans chacun des quatre lieux de résidence. Ce calendrier, alternant séjours sur place et périodes à distance, a immédiatement inscrit le projet dans la durée, en instaurant cette double dynamique de spontanéité et de construction, de disponibilité et d’analyse. La commissaire Isabelle Henrion a ainsi été amenée à rencontrer et à dialoguer avec la scène locale, dans la variété des contextes offerts par chacun des lieux. Un carnet de bord en ligne a constitué le fil rouge de sa résidence.